[Guest: Vincent Husson] City : la fin d’un cycle

Après l’incroyable titre de Leicester de lundi soir, le combat acharné de l’Atletico contre le Bayern mardi soir, c’est une troisième soirée de gala qui nous est offerte ce mercredi 4 mai 2016. C’est un médiocre Manchester City qui se déplace dans la bouillante forteresse du Santiago Bernabéu. Les Citizens viennent de se prendre une claque(4-2) par le 7ème de Premier League, Southampton, emmené par un excellent Sadio Mané auteur d’un triplé. La faute à une équipe de City B comme brouillonne, qui a du s’en remettre à sa jeune pousse nigériane Kelechi Iheanacho pour marquer un doublé et ne pas se faire humilier.

De son côté, le Real Madrid s’imposait sur la plus petite des marges grâce à Gareth Bale, qui a une fois de plus assumé ses responsabilités en l’absence du Ballon d’Or portugais et de notre Karim national (ou pas).

Zinédine Zidane découvre donc le dernier carré de la Ligue des Champions en tant qu’entraineur, et cherche à pousser une équipe dérangée jusqu’à la finale à Milan. En effet, Cristiano Ronaldo revient de blessure, Karim Benzema est absent, tout comme son 6 Casemiro qui à lui tout seul cette saison garantit l’équilibre défensif du milieu madrilène, pour laisser s’exprimer Modric, Isco ou James.

Du coté de City, l’équipe arrive au complet pour cette demi-finale retour. Ce jusqu’à la 10ème minute du match. Kompany rechute pour la 5ème fois cette saison et laisse sa place à Eliaquim Mangala, qui formera pour le 80 minutes restantes une très solide arrière-garde avec Otamendi, infranchissable ce soir.

Le Real met une pression phénoménale à City, qui ne voit pas le bout du tunnel, sevré de ballons, et ne tente de jouer qu’avec de longs ballons aériens pour le mètre 74 d’Aguero. Pepe se régale. Le milieu du Réal est ultra dominateur, avec un Isco très inspiré ce soir et fait très bonne impression pour l’une de ses rares titularisations cette saison. Modric est partout, régale par son sens du placement et fluidifie le jeu madrilène en offrant en permanence une solution au porteur du ballon. En comparaison, le milieu de City est totalement absent, disloqué, Yaya Touré n’est plus qu’un fantôme des années passées et disparaît totalement. Il faut dire qu’il aura énormément joué durant sa carrière, et ses 32 ans passés, le corps ne suit plus. Pour compenser, Fernandinho joue trop haut, laissant un Fernando complètement dépassé jouer les pompiers de service pour soulager sa défense.

Symboliquement, c’est ce dernier qui marque contre son camp à la 32ème, sur une belle action du duo Modric-Bale, où le Gallois envoie une lourde frappe, déviée et lobant Joe Hart, pourtant en forme une fois de plus cette saison. Du coté Citizen, sur une des rares belles actions de la soirée, Fernandinho crochète et lâche une lourde frappe sur le poteau de Keylor Navas. Les supporters anglais baissent la tête, car c’est une des très rares occasions de la soirée qui vient de se heurter à la cage blanche du Bernabéu. 1-0 plus que mérité à la mi-temps. Bale s’est montré très dangereux, Ronaldo est en jambes, et Jésé nous montre qu’il peut prétendre à une place importante sous la tunique blanche.

La seconde partie du match démarre comme la première, et il faudra attendre l’heure de jeu pour voir enfin Yaya sortir, remplacé par Raheem Sterling et voir passer Kevin de Bruyne en 10. Le Belge, contrairement à Isco qui ne s’arrête pas, n’est pas dans son match, à l’image de son coup franc à angle fermé, qu’il tente de placer vicieusement au premier poteau, alors que l’arrière garde mancunienne était montée pour, une des rares fois de ce match, apporter le danger. A partir de la 75ème, Madrid commence à se replier dans sa moitié de terrain, et City commence à faire tourner le ballon dans le vide, sans apporter le moindre danger.

Agüero, invisible ce soir, fait taire les 80 000 spectateurs en envoyant un missile aux alentours de la 80ème, qui vient lécher la transversale madrilène. C’eut été magnifique, mais non méritée face aux multiples occasions madrilènes. Quand Bale ne frappe pas aux 20 mètres, ou ne trouve pas la transversale de Joe Hart sur corner, il adresse une merveille de passe à Modric, qui contrôle parfaitement avant de buter encore sur le gardien anglais. Le Gallois fut partout. La défense des Skyblues est très solide, Clichy fait le meilleur match de sa saison, Sagna est très bon également, et les deux centraux bien concentrés. Le but du break ne vient donc pas, mais City n’y arrive pas non plus, et le match se termine sur une victoire 1-0 du Real, qui ira rejoindre son voisin de l’Atletico à Milan, pour un remake de la finale 2014. La vengeance est un plat qui se mange froid. Une fois de plus, Madrid se hisse en capital du foot européen, à savoir qui de Griezmann ou de Ronaldo sera le plus efficace.

De son côté, les bleus de Manchester, novices à ce niveau-là,  peuvent se montrer heureux d’avoir passé des caps en C1, en attendant de voir la révolution Guardiola se mettre en place, et pourquoi pas faire partie des grands dans les saisons à venir. Mais il y a énormément de travail, des départs et des recrues. City doit changer et admettre que ses cadres (Kompany, Touré) n’y arrivent plus, et que la jeunesse pousse fort derrière (Mangala, Iheanacho). Une fin de cycle, où Mancini puis Pellegrini auront énormément grandi un club sur-financé, à pourquoi pas devenir un grand d’Europe.

Vincent Husson

 

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